{"id":14740,"date":"2021-04-07T21:05:03","date_gmt":"2021-04-07T21:05:04","guid":{"rendered":"https:\/\/editionap.ca\/2021\/04\/07\/leducation-postsecondaire-de-langue-francaise-en-ontario-crise-ou-opportunite\/"},"modified":"2025-12-22T23:40:44","modified_gmt":"2025-12-22T22:40:44","slug":"leducation-postsecondaire-de-langue-francaise-en-ontario-crise-ou-opportunite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/refletnews.ca\/en\/education\/leducation-postsecondaire-de-langue-francaise-en-ontario-crise-ou-opportunite\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00e9ducation postsecondaire de langue fran\u00e7aise en Ontario: crise ou opportunit\u00e9?"},"content":{"rendered":"<p>Les derni\u00e8res semaines de janvier 2021 auront apport\u00e9 leur lot de mauvaises nouvelles au secteur de l\u2019\u00e9ducation postsecondaire de langue fran\u00e7aise en Ontario. Tout d\u2019abord, on a appris que l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Ontario fran\u00e7ais (UOF) n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 attirer plus d\u2019une poign\u00e9e d\u2019\u00e9tudiants potentiels en vue de sa premi\u00e8re rentr\u00e9e en septembre, une situation pr\u00e9occupante pour un \u00e9tablissement qui a failli ne pas voir le jour.<\/p>\n<p>Puis il y a eu la demande de protection contre les cr\u00e9anciers d\u00e9pos\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 Laurentienne (UL) ainsi que la disparition des fonds de recherche de son corps professoral. Les professeurs francophones de cet \u00e9tablissement bilingue, qui se retrouvent r\u00e9guli\u00e8rement avec des classes plus petites, ont exprim\u00e9 leurs inqui\u00e9tudes quant \u00e0 l\u2019avenir de leurs programmes \u00e0 la suite de ce qui sera sans doute un processus de restructuration douloureux.<\/p>\n<p>Constatant l\u2019\u00e9tat de la situation, certains membres de la communaut\u00e9 franco-ontarienne \u00e0 la m\u00e9moire longue ont vu dans cette crise le pr\u00e9texte id\u00e9al pour repenser ces deux \u00e9tablissements (et plus encore) et pour revenir sur les revendications historiques de leurs concitoyens en faveur d\u2019un r\u00e9seau postsecondaire de langue fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la communaut\u00e9 et de la province.<\/p>\n<p>Quelles \u00e9taient donc ces revendications, et comment la crise actuelle pourrait-elle \u00eatre un tremplin vers leur r\u00e9alisation? Ces questions serviront de fil conducteur au pr\u00e9sent m\u00e9moire.<\/p>\n<p>L\u2019universit\u00e9 franco-ontarienne : plus qu\u2019une simple \u00e9cole<\/p>\n<p>Mais avant de nous plonger dans l\u2019histoire de ce d\u00e9bat, il est essentiel de comprendre pourquoi la communaut\u00e9 franco-ontarienne souhaite avoir sa propre universit\u00e9. Il est facile de simplement percevoir une universit\u00e9 comme un lieu o\u00f9 la main-d\u2019\u0153uvre de demain acquiert des comp\u00e9tences techniques et une formation afin de r\u00e9pondre aux besoins du march\u00e9 du travail.<\/p>\n<p>Or, je sugg\u00e8re que l\u2019utilit\u00e9 d\u2019une universit\u00e9 serait bien plus importante que la d\u00e9livrance de dipl\u00f4mes et que, comme le dit Michel Freitag, son mandat ne serait pas seulement technique, mais aussi civilisationnel.<\/p>\n<p>Une universit\u00e9, c\u2019est un lieu o\u00f9 une communaut\u00e9 cr\u00e9e un espace qui favorise la pens\u00e9e critique et la r\u00e9flexion sur son propre destin, participant ainsi \u00e0 sa perp\u00e9tuation \u00e0 travers le temps. Pour une communaut\u00e9 minoritaire comme celle de l\u2019Ontario fran\u00e7ais, cela ne peut pas se faire dans un \u00e9tablissement bilingue, comme on a pu le constater depuis les ann\u00e9es 1960.<\/p>\n<p>Non seulement l\u2019\u00e9volution des \u00e9tablissements bilingues refl\u00e8terait-elle les forces d\u00e9mographiques et socioculturelles de l\u2019Ontario, o\u00f9 les francophones sont de plus en plus marginalis\u00e9s \u00e0 mesure que la croissance de la population anglophone d\u00e9passe la leur, mais leurs administrateurs seraient g\u00e9n\u00e9ralement mal \u00e9quip\u00e9s, pour ne pas dire inconscients des r\u00e9alit\u00e9s de la communaut\u00e9 francophone, pour pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 ses besoins.<\/p>\n<p>Dans un tel contexte, le fran\u00e7ais deviendrait une langue d\u2019accommodement et non pas une langue qui permet \u00e0 une communaut\u00e9 de r\u00eaver, de penser et de se projeter dans le monde, pour reprendre les mots de Serge Miville.<\/p>\n<p>Le d\u00e9veloppement de l\u2019\u00e9ducation postsecondaire en fran\u00e7ais<br \/>par l\u2019interm\u00e9diaire des institutions bilingues en Ontario<\/p>\n<p>Il faut dire que le mod\u00e8le institutionnel postsecondaire bilingue qui a \u00e9merg\u00e9 en Ontario depuis les ann\u00e9es 1960 est une anomalie au Canada. Alors que des universit\u00e9s bilingues publiques comme l\u2019Universit\u00e9 de Sudbury (US) et l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Ottawa (UO) ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es \u00e0 partir des coll\u00e8ges classiques de l\u2019Ontario, d\u2019autres provinces ont suivi un parcours diff\u00e9rent en accordant \u00e0 leurs communaut\u00e9s francophones leurs propres \u00e9tablissements.<\/p>\n<p>L\u2019Universit\u00e9 de Moncton, au Nouveau-Brunswick, est n\u00e9e de la fusion de trois coll\u00e8ges catholiques en 1963, tandis que le Campus Saint-Jean (CSJ) de l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Alberta \u00e0 Edmonton, qui appartenait autrefois aux Oblats, s\u2019est vu accorder le statut d\u2019universit\u00e9 publique par la province en 1977.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019il ne soit pas lieu d\u2019expliquer en ces pages pourquoi le clerg\u00e9 aurait choisi le bilinguisme en Ontario, l\u2019historiographie d\u00e9montre que la communaut\u00e9 franco-ontarienne aura tr\u00e8s t\u00f4t pris conscience des limites du bilinguisme institutionnel en \u00e9ducation.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 1960 et 1970 seront marqu\u00e9es par des luttes entre les parents et les conseils scolaires locaux pour la cr\u00e9ation d\u2019\u00e9coles de langue fran\u00e7aise, notamment \u00e0 Penetanguishene et \u00e0 Sturgeon Falls.<\/p>\n<p>En 1969, le Comit\u00e9 Saint-Denis sur la culture franco-ontarienne reprochera aux universit\u00e9s bilingues de ne pas prot\u00e9ger leurs \u00e9tudiants francophones contre la marginalisation et de ne pas leur offrir la m\u00eame vari\u00e9t\u00e9 de programmes10. Cependant, il n\u2019exigera pas la cr\u00e9ation d\u2019une universit\u00e9 de langue fran\u00e7aise homog\u00e8ne.<\/p>\n<p>Consultez le site du journal Le Voyageur<\/p>\n<p>Un r\u00e9veil collectif : premi\u00e8res revendications pour une universit\u00e9 de langue fran\u00e7aise<\/p>\n<p>Ces revendications seront exprim\u00e9es pour la premi\u00e8re fois lors du congr\u00e8s de 1969 de l\u2019Association canadienne-fran\u00e7aise de l\u2019Ontario (ACFO), lors duquel on demandera que l\u2019UO devienne francophone.<\/p>\n<p>\u00c0 Sudbury, le colloque Franco-Parole de 1973 jouera un r\u00f4le cl\u00e9 dans la prise de conscience du statut des francophones au sein de l\u2019UL, un \u00e9tablissement o\u00f9, selon Fernand Dorais, ils \u00abne se sentent pas chez eux\u00bb.<\/p>\n<p>En 1979, l\u2019organisme Direction-Jeunesse exigera la cr\u00e9ation d\u2019un coll\u00e8ge communautaire francophone \u00e0 plusieurs campus et d\u2019une universit\u00e9 de langue fran\u00e7aise. Malgr\u00e9 les bouleversements sociaux, peu de changements institutionnels seront apport\u00e9s.<\/p>\n<p>Les ann\u00e9es 1980 seront marqu\u00e9es par une certaine agitation dans les \u00e9tablissements bilingues, alors qu\u2019on reconnaitra progressivement le probl\u00e8me que repr\u00e9sente le manque de programmes en fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>En 1985, une \u00e9dition sp\u00e9ciale de la Revue du Nouvel-Ontario sera enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 la question des universit\u00e9s de langue fran\u00e7aise. Selon le directeur de la revue, le mod\u00e8le d\u2019institution bilingue serait arriv\u00e9 \u00e0 une \u00abimpasse\u00bb. Cette publication marquera un tournant dans la r\u00e9flexion collective franco-ontarienne sur ce dossier.<\/p>\n<p>De plus, en Ontario, le syst\u00e8me d\u2019\u00e9ducation de langue fran\u00e7aise de la maternelle \u00e0 la 12e ann\u00e9e \u00e9tait maintenant devenu autonome, ouvrant ainsi la voie au prolongement de ce mod\u00e8le au postsecondaire. On citera \u00e9galement les trois universit\u00e9s de langue anglaise au Qu\u00e9bec pour illustrer le fait qu\u2019une universit\u00e9 de langue fran\u00e7aise en Ontario n\u2019est pas une chim\u00e8re.<\/p>\n<p>En 1989, l\u2019ACFO approchera les J\u00e9suites pour leur demander, en vain, de c\u00e9der la charte de l\u2019US afin de cr\u00e9er une universit\u00e9 de langue fran\u00e7aise. En 1991, l\u2019ACFO organisera le colloque Franco-Parole II pour discuter de l\u2019autonomie universitaire, qu\u2019elle pr\u00e9sentera comme \u00abune strat\u00e9gie de rattrapage pour pallier les taux sup\u00e9rieurs d\u2019analphab\u00e9tisme et de d\u00e9crochage scolaire chez les francophones et pour participer pleinement \u00e0 la vie culturelle, sociale, politique et \u00e9conomique\u00bb de la province.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation d\u2019un coll\u00e8ge universitaire fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Laurentienne sera propos\u00e9e comme premi\u00e8re \u00e9tape vers la r\u00e9alisation d\u2019une universit\u00e9 de langue fran\u00e7aise \u00e0 part enti\u00e8re, mais cette proposition restera lettre morte.<\/p>\n<p>Des inqui\u00e9tudes et des d\u00e9bats renouvel\u00e9s : la cr\u00e9ation du R\u00c9FO<br \/>et les pressions \u00e0 Queen\u2019s Park visant la cr\u00e9ation de l\u2019UOF<\/p>\n<p>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 2000, constatant l\u2019\u00e9cart grandissant entre francophones et anglophones au sein de la population estudiantine et la disparition g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de la vie sociale en fran\u00e7ais sur les campus bilingues, plusieurs \u00e9tudiants francophones d\u00e9cideront d\u2019unir leurs forces pour fonder le Regroupement \u00e9tudiant franco-ontarien (R\u00c9FO) en 2009.<\/p>\n<p>Le mandat du R\u00c9FO sera de s\u2019assurer que les membres de la population franco-ontarienne puissent \u00ab[\u00e9tudier] en fran\u00e7ais dans le programme et la r\u00e9gion de leur choix, dans un contexte o\u00f9 elles et ils g\u00e8rent les leviers de leur \u00e9ducation\u00bb.<\/p>\n<p>Le R\u00c9FO verra une occasion en or lors de la publication en 2012 d\u2019un rapport du Commissariat aux services en fran\u00e7ais de l\u2019Ontario sur l\u2019\u00e9ducation postsecondaire. Ce rapport d\u00e9montrera que la population francophone du Centre-Sud-Ouest de la province connait la plus forte croissance dans tout l\u2019Ontario, mais qu\u2019elle n\u2019a pas acc\u00e8s \u00e0 la grande majorit\u00e9 des programmes universitaires.<\/p>\n<p>De plus, en raison des couts, les francophones de cette r\u00e9gion seraient beaucoup plus susceptibles de s\u2019inscrire \u00e0 des programmes de langue anglaise pr\u00e8s de chez eux que de fr\u00e9quenter un \u00e9tablissement de langue fran\u00e7aise ailleurs en province. Le R\u00c9FO organisera une consultation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la province, soit les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux du postsecondaire en Ontario fran\u00e7ais en 2013, ainsi qu\u2019un Sommet en 2014.<\/p>\n<p>Il en d\u00e9coulera un rapport copubli\u00e9 avec l\u2019Assembl\u00e9e de la francophonie de l\u2019Ontario (AFO) et la F\u00e9d\u00e9ration de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) en f\u00e9vrier 2015, demandant au gouvernement de cr\u00e9er une universit\u00e9 de langue fran\u00e7aise avec des campus dans les r\u00e9gions francophones de la province, en commen\u00e7ant par Toronto o\u00f9 la demande \u00e9tait la plus pressante.<\/p>\n<p>La d\u00e9put\u00e9e n\u00e9od\u00e9mocrate de Nickel Belt, France G\u00e9linas, utilisera ce rapport comme point de d\u00e9part pour le projet de loi priv\u00e9 intitul\u00e9 Loi constituant l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Ontario fran\u00e7ais, qu\u2019elle d\u00e9posera \u00e0 Queen\u2019s Park en mai de la m\u00eame ann\u00e9e. Bien que ce projet de loi soit mort au feuilleton, il aura contribu\u00e9 \u00e0 exercer des pressions sur le gouvernement \u00e0 partir de l\u2019ar\u00e8ne partisane.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019automne 2016, le gouvernement ontarien mandatera l\u2019ancienne commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, pour mener une enqu\u00eate sur le besoin et la demande potentielle d\u2019un \u00e9tablissement postsecondaire de langue fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s d\u2019un an plus tard, le rapport Adam recommandera la cr\u00e9ation d\u2019une institution qui serait g\u00e9r\u00e9e \u00abpar et pour\u00bb la communaut\u00e9 franco-ontarienne. Un \u00abcarrefour\u00bb serait cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Toronto en collaboration avec d\u2019autres organismes communautaires, mais la cr\u00e9ation d\u2019un \u00abr\u00e9seau universitaire de langue fran\u00e7aise par le biais d\u2019affiliations acad\u00e9miques \u00e0 [cette nouvelle universit\u00e9] qui rayonnerait dans [les autres r\u00e9gions] de la province\u00bb serait consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00e9tape future.<\/p>\n<p>Les Universit\u00e9s de Hearst et de Sudbury ainsi que l\u2019Universit\u00e9 Saint-Paul seraient consid\u00e9r\u00e9es comme des partenaires de premier plan dans ce r\u00e9seau. Le gouvernement donnera son feu vert au projet en d\u00e9cembre 2017, annulera son financement en novembre de l\u2019ann\u00e9e suivante pour enfin le remettre sur les rails en aout 2019.<\/p>\n<p>Il est difficile de savoir exactement pourquoi l\u2019UOF aura eu si peu de succ\u00e8s lors de son premier recrutement d\u2019\u00e9tudiants. Certes, la pand\u00e9mie de la COVID-19 a cr\u00e9\u00e9 une situation tr\u00e8s incertaine et le gouvernement a mis du temps \u00e0 approuver les quatre programmes de l\u2019UOF, l\u2019emp\u00eachant de commencer le recrutement avant la mi-octobre.<\/p>\n<p>Puis il y aurait la question des programmes : \u00c9tudes des cultures num\u00e9riques, \u00c9tudes de l\u2019\u00e9conomie et l\u2019innovation sociale, \u00c9tudes des environnements urbains et \u00c9tudes de la pluralit\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Comme le gouvernement aurait exig\u00e9 que l\u2019UOF \u00e9vite la duplication des programmes existants dans d\u2019autres institutions, celle-ci a d\u00fb faire preuve de cr\u00e9ativit\u00e9. Mais la plupart des \u00e9tudiants auraient peut-\u00eatre estim\u00e9 qu\u2019il serait trop risqu\u00e9 de s\u2019inscrire \u00e0 des programmes portant des noms que les futurs employeurs ne reconnaissent pas, dans une institution toute neuve et sans r\u00e9putation et, de surcroit, en pleine pand\u00e9mie.<\/p>\n<p>Les ennuis de l\u2019UOF, les malheurs de la Laurentienne<br \/>et la surprise de Sudbury : sur une nouvelle voie<\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui nous am\u00e8ne \u00e0 la situation d\u2019aujourd\u2019hui. Au moment o\u00f9 nous \u00e9crivons ces lignes, l\u2019US vient de surprendre toute la communaut\u00e9 en annon\u00e7ant son intention de devenir un \u00e9tablissement francophone \u00e0 part enti\u00e8re, g\u00e9r\u00e9 \u00abpar, pour et avec\u00bb la communaut\u00e9 francophone et de rapatrier les programmes actuellement offerts en fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019UL.<\/p>\n<p>Des n\u00e9gociations fructueuses entre ces deux \u00e9tablissements pourraient ouvrir la porte \u00e0 un r\u00e9seau pan ontarien d\u2019\u00e9tablissements francophones qui offriraient une vaste gamme de programmes gr\u00e2ce aux affinit\u00e9s existantes et aux nouvelles technologies\u2009; cela permettrait aux \u00e9tudiants d\u2019utiliser les installations existantes dans chaque r\u00e9gion tout en s\u2019inscrivant \u00e0 des cours sur tous les campus.<\/p>\n<p>L\u2019US pourrait offrir une partie importante des programmes \u00ab standards\u00bb, y compris certains dipl\u00f4mes tr\u00e8s convoit\u00e9s dans les domaines de la gestion, de l\u2019\u00e9ducation et de la sant\u00e9 dans le sud de la province, et b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une inscription plus importante en provenance d\u2019une nouvelle population en croissance rapide.<\/p>\n<p>Je proposerais que l\u2019Universit\u00e9 de Hearst participe \u00e9galement \u00e0 ce r\u00e9seau\u2009; bien que sa population \u00e9tudiante soit peu nombreuse, cet \u00e9tablissement poss\u00e8de depuis longtemps une expertise en formation \u00e0 distance, ce qui profiterait \u00e0 l\u2019ensemble du r\u00e9seau.<\/p>\n<p>Cette proposition repose sur un certain nombre d\u2019hypoth\u00e8ses : premi\u00e8rement, que ces \u00e9tablissements croiront que le jeu en vaut la chandelle et, deuxi\u00e8mement, que le gouvernement provincial approuvera cet arrangement.<\/p>\n<p>Dans le cas de l\u2019UOF, le financement est assur\u00e9 par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral jusqu\u2019en 2023, de sorte que Queen\u2019s Park serait peut-\u00eatre pr\u00eat \u00e0 prendre plus de risques. Cependant, du point de vue du gouvernement, la r\u00e9solution de la restructuration de l\u2019UL est une tout autre histoire et il faudra le convaincre que le transfert de ces programmes \u00e0 l\u2019US est une option viable.<\/p>\n<p>Cette solution potentielle omet \u00e9galement une r\u00e9gion importante dans cette affaire : l\u2019est de l\u2019Ontario. Comme nous l\u2019aura d\u00e9montr\u00e9 l\u2019histoire, Ottawa a \u00e9t\u00e9 de loin la plus r\u00e9calcitrante \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un nouvel \u00e9tablissement francophone. Le positionnement du g\u00e9ant qu\u2019est l\u2019UO sur cet \u00e9chiquier en \u00e9volution rapide sera crucial pour la suite de l\u2019histoire : elle pourrait entraver plut\u00f4t que soutenir la cr\u00e9ation de ce nouveau r\u00e9seau. Qu\u2019elle d\u00e9cide de devenir une alli\u00e9e ou une adversaire demeure, pour l\u2019instant, une question en suspens.<\/p>\n<p><\/p>\n<p>NDLR : Question de transparence\u2009; Pierre B\u00e9langer est le pr\u00e9sident de l\u2019Institut des politiques du Nord (IPN). Il est signataire d\u2019une lettre avec l\u2019\u00e9ditorialiste du Voyageur, R\u00e9jean Grenier, demandant au recteur de l\u2019Universit\u00e9 Laurentienne, Robert Hach\u00e9, de donner aux francophones le contr\u00f4le des programmes en fran\u00e7ais. M. B\u00e9langer est \u00e9galement impliqu\u00e9 \u00e0 titre personnel dans la Coalition nord-ontarienne pour une universit\u00e9 francophone. Cependant, les employ\u00e9s de l\u2019IPN ont lanc\u00e9 l\u2019id\u00e9e d\u2019une s\u00e9rie de textes sur l\u2019\u00e9ducation universitaire francophone sans l\u2019intervention de M. B\u00e9langer et ce dernier n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans le processus.<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comment les probl\u00e8mes de la Laurentienne et de l\u2019UOF pourraient ouvrir la voie \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement dont r\u00eave la communaut\u00e9 franco-ontarienne<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":14741,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[43],"tags":[],"class_list":["post-14740","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-education"],"acf":[],"featured_media_global":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.9 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>L\u2019\u00e9ducation postsecondaire de langue fran\u00e7aise en Ontario: crise ou opportunit\u00e9? - Le Reflet \/ The News<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/refletnews.ca\/en\/education\/leducation-postsecondaire-de-langue-francaise-en-ontario-crise-ou-opportunite\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L\u2019\u00e9ducation postsecondaire de langue fran\u00e7aise en Ontario: crise ou opportunit\u00e9? 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