La bibliothèque publique de Casselman présente actuellement une exposition consacrée aux sculptures de l’artiste local Sylvain Séguin, une occasion unique pour le public de découvrir son univers créatif à travers des œuvres empreintes de nature, de mémoire, et de sensibilité.
Afin d’enrichir l’expérience des visiteurs, la bibliothèque a intégré à l’exposition des textes rédigés par l’artiste lui-même. Dans ces écrits, Séguin décrit ses œuvres, explique sa démarche, et partage les émotions qui les ont inspirées. Une approche qui permet au public de mieux comprendre la profondeur symbolique de ses créations et les histoires qui les habitent.
L’exposition s’inscrit également dans la programmation du Festival de Noël de Casselman. À cette occasion, un événement spécial a eu lieu le vendredi, 5 décembre : l’autrice Mélissa Racine était présente à la bibliothèque pour le lancement de son nouveau livre, « L’héritier de Mérandale, tome 1 – Les disparus de Floreau », tandis que l’écrivain Patrick Gloutney était présent pour une séance de dédicaces de sa plus récente publication, « Stanton’s Secret » et « Shattered Glass », publié en 2015.
Des sculptures enracinées dans l’expérience personnelle
Parmi les œuvres présentées par Séguin, deux sculptures attirent particulièrement l’attention en raison de leur lien intime avec les souvenirs et les paysages chers à l’artiste.
« La force »
Réalisée en bois, métal, cuivre, et pierres naturelles, cette sculpture rend hommage à un lieu de pêche que Séguin fréquente depuis de nombreuses années. Elle s’inspire d’un arbre remarquable, aujourd’hui mort mais toujours solidement enraciné dans la roche où il a grandi.
Cet arbre, né d’une simple graine tombée dans une fissure, a lentement soulevé des pierres bien plus lourdes que lui grâce à la puissance de ses racines. Pour l’artiste, il représente la force silencieuse de la nature, capable de persister malgré les obstacles les plus durs. Une image marquante lui est particulièrement restée en mémoire : un soir d’automne, la lune en croissant semblait se poser au-dessus de ses branches, comme si l’arbre cherchait à toucher le ciel.
Les pierres intégrées dans la sculpture proviennent du site même où se trouve encore cet arbre, ajoutant une dimension authentique et symbolique à l’œuvre.
« Souvenir d’enfance »
Cette sculpture, façonnée dans une planche massive de peuplier de huit pieds, fait revivre les étés de l’adolescence de l’artiste passés au bord d’un lac. Les pierres, bois flottés, et cocottes qui la composent proviennent tous de ce lieu cher à ses souvenirs.
L’œuvre représente un arbre qui se tient toujours près du lac, oscillant dans le vent comme dans les réminiscences de l’artiste. Elle capture l’accueil familier de chaque arrivée, le bruit des vagues frappant les cailloux, le souffle du vent dans les pins, et la sensation d’entrer dans un monde à part.
Séguin décrit cette œuvre comme un hommage aux étés passés avec ses amis et à un lieu devenu indélébile dans sa mémoire.

« J’y ai passé plusieurs étés avec mes amis, et ce lieu reste l’un de mes plus beaux souvenirs », a dit l’artiste. « Cette sculpture est ma façon de capturer ce moment de vie, de figer ce paysage intérieur et de le partager avec ceux qui la regardent. »


